Hommages

Hommage à Samuel PATY

Lundi 2 novembre 2020, dans toutes les écoles de France, un hommage était rendu à Samuel PATY, professeur d’histoire géographie sauvagement assassiné le 16 octobre dernier à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), avec la lecture de la lettre de Jean JAURÈS aux instituteurs, suivi d’une minute de silence.

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Les élus Pierrefeucains étaient présents dans les classes pour apporter “leur soutien républicain” aux professeurs.

Un dialogue s’est même instauré entre les édiles et les enfants, notamment avec Monsieur le Maire dans la classe de Monsieur GONDRAN. Les enfants ont besoin de communiquer sur le sujet, ils ne comprennent pas que l’on puisse mourir simplement en exprimant des idées différentes des autres...  

Journée particulière pour les enfants puisque c’était également à partir d’aujourd’hui que les enfants de plus de 6 ans devaient porter le masque à l’école, selon les directives nationales.

Pas facile de le garder toute la journée mais tout le monde doit faire l’effort pour prochainement vivre des jours meilleurs.  

Enfin, les élus en ont profité pour se rendre au restaurant scolaire afin de constater que les distances de sécurité à table étaient bien respectées.  

Voici un condensé du discours de Monsieur le Maire qui devait être prononcé lundi 2 novembre à 17h sur le parvis de l'Hôtel de Ville

"Le 16 octobre dernier, notre pays LA FRANCE est une nouvelle fois touchée par la barbarie du terrorisme. 

Un professeur d’histoire- géographie, père de famille et enseignant en Histoire-Géographie au Collège du Bois-d ’Aulne, à Conflans-Ste-Honorine dans les Yvelines est lâchement assassiné par un fanatique, un islamiste endoctriné d’à peine 18 ans.

Si l’horreur de ce crime abjecte a profondément touche notre pays, il a su dans ces circonstances de stupeur et de sidération raviver notre attachement imprescriptible à nos valeurs républicaines.  

Le mercredi 21 octobre 2020, les drapeaux tricolores étaient en berne. Un hommage national fut rendu à M. Samuel PATY, par le président de la république dans la cour d’honneur de la Sorbonne, à Paris.

Les circonstances atroces de l’attaque terroriste nous atteint toutes et tous au plus profond de nos cœurs et de nos âmes.

Au nom du Conseil Municipal de Pierrefeu-du-Var et au nom de toutes les Pierrefeucaines et les Pierrefeucains, je tiens à adresser à sa famille, à ses proches, à ses amis, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative qui est si douloureusement touchée, nos condoléances, nos pensées, notre sympathie, notre solidarité la plus totale. 

Nous devons tous être les remparts à l’obscurantisme quel qu’il soit. Nous sommes les gardiens de la société de demain pour que nos enfants puissent jouir de toutes les libertés. 

Voltaire disait « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrais pour que vous ayez le droit de le dire ». Car il y a des combats collectifs qui priment sur les volontés individuelles. 

J’invite aussi chacun d’entre nous à réfléchir sur le rôle des réseaux « dits » sociaux dans cet assassinat, sur la manière dont Samuel PATY a été livré à la vindicte populaire… Il voulait éduquer nos enfants à la liberté, mais il a perdu la vie au nom de cette liberté chérie.

Nous lui en sommes redevables. 

Nous voulons aussi dire à toutes les enseignantes et à tous les enseignants qui soignent au quotidien les plaies de notre société que nous savons à quel point ils et elles participent à adoucir la vie, à protéger nos enfants de la brutalité du monde, à les aider à grandir à l’abri de toute turbulence, de tout assujettissement, de toute emprise. 

Nous voulons leur dire qu’ils ont toute légitimité à le faire, que nous savons leur courage, que nous leur faisons confiance. 

Nous voulons leur dire qu’ils et elles ne méritent jamais d’être exposés à des violences pour avoir fait usage de leur liberté pédagogique.  

Samuel PATY a été assassiné parce qu’il avait décidé d’apprendre à ses élèves à devenir citoyens. 

Nous voulons aussi rappeler, puisque besoin en est, que l’école doit demeurer un refuge, un sanctuaire, le lieu où l’on apprend à s’exprimer sans crainte, à inventer sans peur, à créer sans barreau. À se nourrir d’idées justes et avérées, à en débattre. 

L’école doit rester ou redevenir ce territoire apaisé, lieu de l’émerveillement, de la curiosité et de l’effort, de l’attention à ce qui nous entoure, de la mémoire, de la compréhension. Où l'on prend peu à peu conscience de la diversité du vivant, des cultures et des pays. 

Ainsi, l’école de la République aide à faire croître ce qu’il y a de plus beau en chacune et en chacun d’entre nous : elle ouvre la possibilité pour chaque jeune de notre pays de se lancer dans l’exploration de ses potentialités humaines, individuelles et collectives. 

L’éducation est donc notre bien commun, à Pierrefeu, dans le var, comme partout en France.

Les établissements scolaires des lieux à préserver quoi qu’il advienne. 

Pour toutes ces raisons, c’est le cœur même de notre capacité à vivre ensemble que le fanatisme islamique a pris pour cible. Il n’y a donc pas d’autre ligne à suivre que celle de l’intransigeance. Pas d’autre voie que celle de l’unité républicaine face à la tragédie. 

  • L’École participe à rendre les citoyens plus égaux.
  • Elle les dote de savoirs, de connaissances et de culture. D’une culture commune.
  • Elle abat l’isolement, elle refrène les égoïsmes.
  • Elle relie. Se faisant, elle crée les conditions du partage, de l’échange et de la solidarité de tous les membres de notre société.
  • Elle contribue à faire de nous des égaux, des personnes libres, des êtres de fraternité. 

La République n’a à céder, ni à plier, ni à reculer, ni à se montrer complaisante devant aucune pression, devant aucune forme d’intimidation.

La République est une, elle est indivisible. Il n’y aura ni division, ni séparation, ni différence de traitement, ni cloisonnement à l’intérieur de notre République. 

Samuel PATY est mort dans l’exercice effectif de son métier. Il était un agent de l’État. Il était un agent de la fonction publique qui a rempli, dans le cadre de l’Éducation Nationale, sa mission d’instruire, d’émanciper, d’éveiller à l’esprit critique. 

Rendons Hommage à Samuel PATY, ce Hussard de la République, mort d’avoir voulu être libre de penser…". 

Votre Maire, Patrick MARTINELLI